Historique

L’implication de Bobo-Dioulasso dans la lutte contre les maladies à transmission vectorielle remonte à la première moitié du XXe siècle. L’origine de cette épopée médicale contre les insectes et les multiples pathogènes qu’ils transmettent se trouve dans la création en 1939 du Service Général Autonome de la Maladie du Sommeil (SGAMS), en remplacement du Service de Prophylaxie contre la Maladie du Sommeil (SPMS) créé en 1932 et dirigé par Eugène Jamot à partir de Ouagadougou. La direction du SGAMS est confiée à Gaston Muraz qui, avec son adjoint Pierre Richet, installent leur base à Bobo-Dioulasso. Muraz fonde alors l'Ecole Jamot à Bobo-Dioulasso pour la formation des infirmiers des équipes mobiles. En 1944, le SGAMS est remplacé par le Service Général d’Hygiène Mobile et de Prophylaxie (SGHMP) qui sera en charge de la lutte contre les grandes endémies (trypanosomiase, onchocercose, lèpre etc.).

C’est en 1956 que le Centre de Bobo-Dioulasso prendra le nom de Centre Muraz. Avec les indépendances, le SGHMP deviendra l’Organisation de Coopération et de Coordination pour la lutte contre les Grandes Endémies (OCCGE), qui regroupe les actions de 8 pays africains (Côte d’Ivoire, Dahomey, Haute-Volta, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Togo) appuyées par la coopération française. Le siège de l'OCCGE est alors fixé à Bobo-Dioulasso. L'OCCGE a pour objectif de lutter contre les maladies endémiques en Afrique occidentale en coordonnant les campagnes de lutte contre les maladies telles la lèpre, la trypanosomiase ou le paludisme. L'OCCGE dispose de plusieurs centres de recherche dont le centre Muraz (trypanosomiase et autres maladies tropicales) à Bobo-Dioulasso, l'institut Marchoux (lèpre) et l'Institut d’Ophtalmologie tropicale de l’Afrique (IOTA) à Bamako, l’Organisme de la Recherche en Alimentation et Nutrition Africaine (ORANA) de Dakar et le Centre de Recherche en Alimentation et Nutrition (CRAN)[], auquel s'ajoutera plus tard l'institut Pierre Richet (IPR) de Bouaké et le Centre de Recherche Médicale et Sanitaire (CERMES) à Niamey, dont la plupart ont été nationalisés à la fin des années 1980. En 1998, l'OCCGE fusionne avec la West African Health Community pour former l'Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), dont le siège se trouve à Bobo-Dioulasso.

Par cette forte expertise dans la recherche et la lutte contre les grandes endémies, la présence d’une école d’infirmiers vétérinaires, sa localisation géographique au cœur de l’Afrique de l’Ouest, Bobo-Dioulasso deviendra également grâce à la vision de Jean Pagot, le siège du Centre de Recherche sur les Trypanosomoses Animales (CRTA) construit en 1972 sous financement franco-allemand. Le CRTA est transformé en un centre international à vocation plus large, le Centre International de Recherche-Développement sur l’Elevage en zone sub-humide (Cirdes), relevant du Conseil de l’Entente (Côte d’Ivoire, Niger, Bénin, Togo, Burkina Faso). Ce centre a pour vocation d’optimiser les ressources animales de la sous-région, notamment en luttant contre les maladies parasitaires à transmission vectorielle qui affectent la production animale. Plus récemment, Bobo-Dioulasso a accueilli le siège de la Pan African Tsetse and Trypanosomiasis Eradication Campaign (PATTEC) du Burkina Faso.

Par cette histoire commune dans la lutte contre les maladies à transmission vectorielle qui affectent les hommes et/ou les animaux, et par la présence de plusieurs institutions permettant de réunir une masse critique importante de chercheurs œuvrant dans ce domaine, Bobo-Dioulasso constitue un site idéal pour la localisation du Laboratoire Mixte International contre les Maladies à Vecteurs (LAMIVECT).

  

Le médecin-colonel MURAZ et son équipe mobile sur le terrain

 

Désinsectisation d’une voiture quittant une zone infectée

 

Microscopistes en prospection médicale

 

 

Palpation ganglionnaire