Objectifs

Le paludisme et la Trypanosomose Humaine Africaine (THA) exercent encore aujourd’hui un poids considérable sur la santé des populations africaines vivant en zone d’endémie et représentent un frein au développement économique et social de la plupart des Etats du continent. En Afrique intertropicale, le paludisme à Plasmodium falciparum reste la principale cause de mortalité infantile et demeure le premier problème de santé publique.
Par ailleurs des pathologies comme la leishmaniose ou encore la dengue émergent dans plusieurs pays africains comme le Burkina Faso tandis que la filariose lymphatique continue de sévir. De plus, les tiques et les maladies qu’ils transmettent posent de nouvelles questions en santé vétérinaire avec l’arrivée d’espèces invasives résistantes aux traitements et transmettant de nouveaux pathogènes.
La THA fait partie du groupe des maladies tropicales négligées définies par l’OMS qui constituent un obstacle considérable à l’installation humaine et au développement socio-économique des communautés les plus pauvres. A cela, il faut ajouter l’impact sur l’agriculture et l’élevage des Trypanosomoses Animales Africaines (TAA), qui par leurs pertes directes et indirectes coûtent 4,5 milliards de $ par an à l’Afrique.
L’épidémiologie de ces maladies est complexe et leur contrôle d’autant plus difficile qu’elles sont transmises par des insectes vecteurs : les moustiques anophèles dans le cas du paludisme et les glossines (ou mouches tsé-tsé) pour les trypanosomoses humaines et animales. Ainsi, la dynamique et l’intensité de transmission de ces maladies sont fortement liées aux conditions environnementales qui agissent sur les populations de vecteurs et déterminent leur capacité à transmettre les agents pathogènes. De nombreux facteurs climatiques, géographiques, biologiques et sociologiques interviennent et modulent la capacité vectorielle des vecteurs et l’épidémiologie de ces pathologies.
La création du LAMIVECT à Bobo-Dioulasso vise à mettre en commun les savoir-faire et les compétences présents au sein des trois institutions de recherche et de formation du Sud, l’IRSS (Institut de Recherche en Sciences de la Santé), le CIRDES (Centre international de recherche-développement sur l'élevage en zone subhumide), l’UPB (Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso) qui sont les partenaires de deux unités mixtes de recherche de l’IRD, MIVEGEC (Maladies infectieuses et vecteurs : écologie, génétique, évolution et contrôle) et INTERTRYP (Interactions hôtes-vecteurs-parasites dans les infections par Trypanosomatidae) intervenant avec elles sur la question des maladies à transmission vectorielle.